La sécurité à Fléron : mise au point
Je comprends le désarroi et la vive émotion que l'actualité a suscités à Fléron et dans les environs et je souhaite apporter quelques éclaircissements.
La déontologie et surtout la loi m'imposent un devoir de réserve vis-à-vis d'une affaire judiciaire en cours tout en m'obligeant néanmoins à assurer l'ordre public et la sécurité des citoyens.
Affirmer que je pratique la langue de bois pour prendre parti, ne reflète pas la réalité.
Mon attitude n'est dictée que par la volonté de respecter scrupuleusement les règles qui me sont imposées dans ma fonction.
Si la bourgmestre dispose de pouvoirs étendus en matière de police, ceux-ci concernent uniquement les missions de police administrative et non de police judiciaire.
Ma principale mission est d'assurer le maintien de l'ordre public et ce faisant, je ne me prononce en aucune manière sur les enquêtes judiciaires en cours.
Dans le cas de l' « affaire Reina », j'ai décidé d'interdire la manifestation du 10 janvier 2009 après concertation avec les responsables de la Zone de Police chargés de m'informer de manière précise sur la situation existante et à craindre.
L'objectif unique et primordial de mon intervention était d'éviter, au vu du climat passionnel, tout risque de débordement qui aurait pu mettre en péril la sécurité des personnes fréquentant Fléron.
Certains ont comparé Fléron à une zone de non droit où les jeunes délinquants règnent en maîtres. Je ne peux l'admettre.
Face à une problématique généralisée, les statistiques officielles démontrent que Fléron est une commune où la sécurité n'est pas mise en péril.
Ce problème de jeunes et/ou d'insécurité ressentis par la population fléronnaise est pour moi une véritable préoccupation; raison pour laquelle la commune mène depuis plusieurs années des actions visant à intégrer les jeunes, adultes en devenir, dans la société.
En effet, nous menons des actions tant sur le plan préventif que sur le plan répressif.
A titre exemplatif et non limitatif, je vous citerai :
Sur le plan préventif :
- dès l'école primaire, nous sensibilisons les enfants aux principes fondamentaux de la vie en collectivité.
Différents thèmes tels que la tolérance, le racisme, la justice, la répression, les pouvoirs des médias... sont régulièrement abordés.
- des campagnes de prévention sont régulièrement menées auprès d'adolescents en matière de violence verbale ou d'agressivité dans les transports en commun.
- des éducateurs de rue et la Maison de Jeunes en contact permanent avec les jeunes permettent à ceux-ci de tenter de devenir des adultes responsables de demain en s'intégrant dans la vie en communauté.
Ces acteurs choisis par la commune mènent leurs actions en partenariat avec des institutions spécialisées comme l'AMO Arkadas, l'AIGS (Association Interrégionale de Guidance et de Santé), le CIPREA (Centre Provincial d'information et de Prévention pour le Respect de l'enfance et de l'adolescent) ou encore le service de criminologie de l'Université de Liège.
Sur le plan répressif :
- Un agent sanctionnateur ayant pour mission de pénaliser les petites incivilités par des amendes administratives a été engagé.
- En juin 2005, les communes de Fléron, Beyne-Heusay et Soumagne ont pris une ordonnance de police en vertu de laquelle les services de police peuvent identifier et veiller à la prise en charge des mineurs de moins de 16 ans circulant entre 23h et 6h, non accompagnés de leurs parents au moins ou d'une personne majeure à la garde de laquelle ils ont été confiés.
J'ajoute que le Plan Zonal de Sécurité que notre Zone de Police vient d'approuver pour les années 2009 à 2012, fixe trois priorités stratégiques : les vols dans les habitations et les accidents de la route avec lésions, mais aussi les nuisances liées aux bandes de jeunes, avec une attention particulière aux faits liés à la drogue et aux incivilités (vandalisme).
Vous constaterez, par conséquent, que la Commune tente, dans la mesure de ses moyens, de faire respecter les principes fondamentaux de la vie en société.
Je rappelle également à tous que, au sein de la Zone de Police, la Cellule d'Aide aux Victimes est à la disposition de la population qui se sent menacée ou a le sentiment de l'être.
Linda MUSIN
Bourgmestre

